La meute

La meute
La meute est une structure sociale parfaitement élaborée, mais variable surtout par rapport au terrain de chasse qu'elle choisit sous l'égide du loup dominant. Le nombre d'individus qui la composent oscille entre la douzaine et la trentaine. Fortement hiérarchisée, ses assises sont le couple mâle-femelle dominants. N'oublions pas cependant que chaque loup est doté d'une forte personnalité et, qu'au sein de la horde, ses qualités, voire ses défauts, sont habilement utilisés au bénéfice de tous les membres. A son chef de clan, le loup inférieur obéira en tout, sans jamais mettre en cause son autorité sauf, s'il se sent lui-même apte à devenir dominant à son tour. C'est le loup dominant qui choisit toujours le territoire où s'établira le clan. C'est lui qui prend l'initiative des actes rituels et, éventuellement des changements apportés. Veillant à la sécurité et au bien-être de tous les individus, il assume seul le maintien de l'ordre et veille à la cohésion du groupe. Responsable, il dispose toujours des sentinelles sur les lieux de séjour. Malgré le degré élevé du respect de la hiérarchie qui règne dans la société des loups les louveteaux, tout au moins durant les premiers mois de leur existence, jouissent de tous les droits et font ce que bon leur semble.

Mais les loups adultes ont bien d'autres corvées à exécuter que celle d'aller monter la garde. Il leur faut aussi assurer la protection et l'éducation des turbulents louveteaux. Ils remplissent cette tâche avec zèle et, pourquoi ne pas le dire, au risque de faire de l'anthropomorphisme, avec dévouement et amour.

Que dire aussi des petits groupes de loups qui sont chargés du nettoyage des tanières. Le loup attache une grande importance à sa tanière et y revient parfois, si entre-temps elle n'a pas été occupée, après des mois d'absence. Celles-ci peuvent avoir de 5 à 7 mètres de boyau d'accès avant de parvenir à la salle comune où naîtrons les petits et où la nourriture leur sera régurgitée. Depuis la salle familiale ont trouve parfois des couloirs de dégagement en cas de danger pressant mais, il existe des logements de loups encore mieux défendus pouvant comporter des entrées d'une quizaine de mètres. On s'en doute, dans ces boyaux, les risques d'éboulements sont grands. Périodiquement ces couloirs dangereux sont consolidés, recreusés ou entièrement refaits par des loups subalternes, c'est à dire par des individus qui démontrent moins d'intelligence et de caractère. Ces loups font le ménage des demeures souterraines en éliminant impitoyablement toutes les sortes d'ordures telles que les os, les poils, ect...qu'ils peuvent rencontrer. On peut conclure que l'hygiène est remarquablement maintenue et que les maisons des loups sont bien tenues !

Hors des meutes, on trouve des loups solitaires, parfois vraiment isolés, parfois suivant le clan à un ou deux kilomètres et achevant ses reliefs. Le loup étant un animal social, on pourrait s'étonner à priori de ce comportement. En réalité, même s'il choisit l'isolement ou s'y voit contraint, le loup reste en contact avec ses semblables, grâce à certains moyens de communication. Ces moyens sont, le hurlement, l'urine et les excréments. Le marquage par l'urine, permet au digitigrade solitaire de signaler son existence et de trouver des compagnons. Le dépôt d'excréments joue un rôle prépondérant dans les liaisons entre groupes et individus isolés. La conclusion est qu'il n'y a pas vraiment de loup tout à fait solitaire, même si l'on rencontre des loups seuls. D'où vient cet éloignement du clan ? Il peut arriver qu'un individu en ait été exclu. Durant les périodes où la nourriture se fait rare, il arrive que des loups supérieurs en personnalité et en robustesse, mordent de plus en plus fortement, leurs congénères plus timides, au caractère moins affirmé, lesquels pour ces raisons ne bénéficient que d'un rang inférieur dans la hiérarchie lupine. Ces derniers prennent alors leurs distances, ou sont carrément chassés du groupe. La période creuse passée, les exilés rejoignent parfois leur clan d'origine ou sont intégrés à un autre, s'ils sont acceptés. Certaines querelles entre femelles réticentes et mâles trop entreprenants peuvent également être à l'origine de ces exclusions. Enfin il arrive aussi qu'un loup, rendu inconsolable par la mort de sa compagne, s'isole volontairement du clan. Il semblerait que l'exil voulu ou forcé ne se rencontre que chez les individus mâles et que les louves solitaires soient rares.
# Posté le dimanche 08 avril 2007 10:14

Le Couple dominant

Le Couple dominant
Le loup et la louve s'élisent pour des raisons qui dépassent de fort loin, les nécessités biologiques de l'espèce. Le loup choisit souvent sa compagne dès sa première année. Parfois c'est une jeune femelle qui jette son dévolu sur un mâle. Alors elle le suit constamment, s'attache à lui, et semble l'aduler surtout s'il est plus âgé qu'elle. Le déclenchement du mécanisme physiologique de la copulation engendre un lien puissant qui soude le couple pour la vie. Il s'agit d'amour vrai. J'entends déjà, non pas du fond des bois, car ils y mettent peu les pieds mais, venant de quelque salon à la mode, le son du cor ricanant des rationalistes forcenés. Ces piètres théoriciens en chambre, observateurs frappés de cécité autant que de surdité, moutons de Panurge engloutis dans les flots de leur suffisance, bêlent inlassablement leur ignorance. Une fois le ménage constitué, le mâle fait preuve de grande tendresse envers sa compagne, élue pour la vie, et à laquelle il démontrera une fidélité absolue. Pour défendre cette compagne et sa famille, il est capable de tous les héroïsmes. Exemplaire, il accomplit son devoir paternel en nourrissant mère et louveteaux, aidé en cela par les autres loups du clan. Si d'aventure, sa compagne est blessée ou malade, le loup chassera pour elle et léchera ses plaies jusqu'à son rétablissement. Si un quelconque danger se présente, le mâle s'interposera entre celui-ci et la louve. On ne compte plus, observées en liberté ou en captivité, les preuves d'attachement entre mâles et femelles. On a vu des loups se faire capturer ou tuer et leurs louves se rendre des dizaines de fois à l'endroit de leur disparition, jusqu'à être piégées à leur tour. Les mâles, nous l'avons vu, sont tout aussi éperdus de tristesse lorsque la mort enlève leurs compagnes. L'inceste n'existe pas chez les loups. Eminemment sociable, excessivement paternel ou maternel avec ses petits ou d'autres progénitures sans défense, le loup dominant, à l'opposé de l'image que l'homme a voulu donner de lui, est un seigneur au sens médiéval du terme. Noble dans ses sentiments autant que dans sa conduite, ce hobereau est pourvu des caractères et des vertus qui font si gravement défaut à bien des humains. Il domine de haut la dynastie des carnassiers.
# Posté le dimanche 08 avril 2007 10:17

L'individu

L'individu
L'apparence est largement diversifiée mais facilement reconnaissable d'emblée. Qu'il soit blanc, gris, noir ou bien roux, qu'il soit de haute ou de petite taille, on sait immédiatement, lorsqu'on l'avise, que l'on a affaire à un loup. Le fauve, possède 42 dents comme le chien. De loin il ressemble à un berger allemand, à un chien-loup comme l'on disait autrefois. Cependant ses oreilles sont plus courtes et sa tête paraît plus large, mais c'est le poil qui produit cet effet. Malgré un crâne plus étroit, la capacité cervicale du loup est nettement supérieure à celle d'un chien de stature semblable. Le poids des louves est d'une trentaines de kilos en moyenne, le mâle adulte, peut atteindre 75 kilos et davantage mais son poid moyen atteint rarement plus de 45 kilos.

Si nous avons l'aubaine d'approcher un loup et de le contempler de face, ce sont d'abord ses yeux magnifiques qui nous émeuvent, faisant dériver notre imaginaire à la rencontre d'autres temps et d'enchantements perdus. L'iris peut-être jaune ou blanc-bleu. De même que chez les autres canidés, les yeux sont phosphorescents la nuit. D'une beauté fascinante est l'½il du loup. Une beauté troublante qui donne à son regard, une magie que ne possède celui d'aucune autre créature. Une beauté qui procède de superbes yeux en oblique, pailletés d'or... Quelle vitesse peut atteindre le loup ? Si la proie qu'il convoite est particulièrement excitante et savoureuse ou, s'il est serré de près, il peut courir à une allure dépassant les 40 kilomètres à l'heure. S'il s'agit de sauver sa peau, à tout prix, il franchira les 50 kilomètres/heure... A propos, ce loup que nous aimons tant, qui est-il ? D'où vient-il ? Le loup appartient à l'ordre des Carnivores, mais attention, Carnivores, au pluriel et avec une majuscule, définit l'un des 17 ordres des Mammifères et ne doit pas être confondu avec l'adjectif carnivore qui s'applique à n'importe quel être vivant (oiseaux, poissons, plantes, etc...). qui s'alimente de chair vivante ou morte. Les Carnivores, se divisent en terrestres, on les nomme alors Fissipèdes et, en aquatiques que l'on désigne sous le nom de Pinnipèdes. Huit familles représentent les Fissipèdes, dont les canidés, lesquels comportent 15 genres et 33 espèces. Le loup est un canidé (Canis Lupus) ainsi d'ailleurs que le chien (Canis Lupus Familiaris). On le trouve en Europe, Arabie, Indes, Chine, Sibérie et aux Amériques. Il s'adapte à tous les climats, du plus chaud au plus froid. C'est au Paléocène, qu'ont fait leur apparition les premiers carnivores, vers moins 63 millions d'années. Certains scientifiques s'accordent pour déclarer que le premier ancêtre du loup, le Miacis est apparu en même temps que le premier cétacé, l'Archéocète, arrière grand-parent du dauphin, il y a moins de 58 millions d'années. D'autres, sont d'un avis totalement opposé. Le premier canidé ne nous serait connu que depuis moins 36 millions d'années. Notons que l'élimination par l'homme des canidés "sauvages" ne daterait que de l'Holocène, à moins 0,01. C'est avec une extrême prudence que nous devons considérer ces affirmations. Alexandre Dorozynski, qui sait de quoi il parle, nous met en garde en ces termes : "Les scientifiques ne sont pas neutres, et chacun risque d'instiller sa philosophie dans l'interprétation des faits qu'il observe. L'élaboration des sciences ne se fait pas, non plus, en dehors des grands courants, religieux, philosophiques et politiques...

L'objectivité scientifique ou autre, est utopique. Ce qui paraît certain aujourd'hui, c'est qu'une forte partie des canidés effectua un retour vers l'eau alors que d'autres groupes choisissaient les lieux élevés ou les vastitudes semi-désertiques. Il apparaît que le groupe qui a approché l'eau salée, a eu un nouveau comportement alimentaire (mollusques, poissons) et a réussi son adaptation. De son évolution seraient issus les dauphins en quelques millions d'années. L'adaptation à la vie dissimule bien des traits ancestraux et les modifications physiologiques se sont multipliées, apparentes ou cachées. Il est un mammifère curieux et paradoxal de l'Eocène, proche parent du loup, le Mésonyx, qui pourrait bien être l'ancêtre des Mysticètes (baleines à fanons) et des Odontocètes (dauphins, orques, cachalots, marsouins). Nous en resterons là sur ce sujet que nous avons amplement traité par ailleurs. Si certaines assertations peuvent paraître ici, sujettes à caution, je souhaiterais qu'elles soient soumises à une complète investigation. La Science est omniprésente dans notre société occidentale. Nous le savons, elle n'est pas, et de loin, le seul chemin d'accès à la Connaissance, aux connaissances.
# Posté le dimanche 08 avril 2007 10:20

La communication

La communication
Les modes de communication, sont olfactifs, sonores et visuels. Le sens olfactif est remarquable et bien plus développé que celui du meilleur chien de chasse. L'ouïe est très sensible et affinée. La vision, en particulier la vision nocturne, est excellente. Lorsqu'ils sont proches les uns des autres, les loups emploient un code très élaboré de mimiques suggestives. Comme chez les dauphins, chaque individu à son timbre de voix. Le hurlement du loup se perçoit à plus de dix kilomètres de distance pour l'oreille humaine. Le hurlement est certes, un signal avertisseur de présence, mais il peut aussi exprimer la douleur ou, tout simplement... le plaisir. Selon qu'il provient d'Europe, d'Amérique ou d'ailleurs, le hurlement lupin diffère considérablement. Si l'aboiement du loup est une mise en garde pour l'intrus, il est aussi une alerte pour son groupe. Le jappement, lui, exprime le désir d'amitié et si les grondements manifestent le désaccord et le déplaisir, le gémissement signifie la soumission et encore, encore et toujours, l'amitié. Le langage du loup, dans les diverses formes que je viens de décrire est l'expression sonore de ses instincts naturels : alarme, péril, chasse, recherche d'un absent du clan, pulsions grégaires, affection, amour, etc... Il est aussi et surtout la manifestation évidente de son intelligence.



La maîtrise du langage est fondamentale pour l'individu. Aussi les louveteaux, apprennent-ils très vite, avec leurs frères, leurs s½urs et leur mère, à démêler toutes les tonalités et les formes de la communication vocale. Plus tard, les louves du clan (qu'on peut qualifier de "tantes" comme les delphines qui assistent les mères et les delphineaux dans leur éducation) aident à assurer leur bien-être et prennent le relais afin d'affiner leurs modes d'expression.

Pour conclure cette brève étude sur la communication, disons que le hurlement du loup est terriblement prenant, envoûtant. Il n'a jamais cessé de me fasciner. Il n'est jamais sinistre, et combien de fois, après qu'il se soit éteint, suis-je longtemps resté sous son charme ! Théodore Stanwell nous dit : "Le loup chante la beauté de la nuit mieux qu'aucune voix humaine ne l'a jamais fait et appelle sa compagne pour qu'elle jouisse avec lui de cette splendeur. Ce cri, tel le souffle du vent, s'étire avec lenteur, doucement, vers une note pleine de tristesse et d'attente, puis meurt sur deux tons différents si bas que l'oreille humaine a peine à le percevoir". Qu'il soit un hymne ou un appel, le hurlement du loup fait renaître en nous le souvenir de très anciens sortilèges...

Il arrive que les loups vocalisent en cheminant, mais cela reste exceptionel. Pour entonner leurs chants les loups s'assoient sur leur arrière-train, en général sur un site à la vue dégagée qui leur permet de surveiller les alentours. En forêt ils adoptent la position couché sur le ventre.

Les chants de départ sont particulièrement poignants. Les loups d'une meute d'une quinzaine d'individus par exemple, se regroupent en petits cercles et débutent leurs mélopées par des notes graves, se poursuivant en arpèges jusqu'à des aigus d'une intense pureté sonore. Ces chants peuvent durer plusieurs minutes et dégagent une grande mélancolie. Il est vrai que des personnes, égarées ou pas, sentent leur sang se glacer car elles ignorent la véritable signification de tels lamentos. Certains voyageurs m'ont conté qu'ils s'étaient imaginés entendre les pleurs de créatures d'outre-tombe, ou vouées à Belzébuth.

Mais, le museau pointé vers le ciel, en solo ou en choeur, les loups émettent aussi des sons destinés à exprimer des émotions passagères ou des excitations qui se communiquent d'individu en individu, pour finalement gagner tout le groupe.

Souventes fois, j'ai entendu des loups chanter et je préfère employer ce verbe plutôt que hurler qui ne rend pas justice à la façon mélodieuse avec laquelle ils expriment leurs sentiments. Les loups, on l'a dit, chantent la chasse, l'amour, la détresse... Leurs voix fondues en choeurs émouvants se disssocient et l'on perçoit alors, des timbres très différenciés grimpant dans les aigus, se suivant et se retrouvant harmonieusement en une improvisation collective qui inévitablement me plonge dans des ravissements que seul m 'apportaient le jazz de la Nouvelle-Orléans. Cette harmonie vocale est si complice avec la nature que cette musique s'impose à nous comme la plus émouvante, la plus authentiquement pure de tout le règne animal. Ces chants millénaires coupent le souffle à ceux qui ont le bonheur de les entendre, évoquant la sombre et froide forêt, l'étouffante jungle,la steppe désolée... Ils sont la voix de la solitude de l'individu ou des clans persécutés par l'homme.



Evoquons enfin un mode de communication pour le moins insolite et mal connu par trop d'amis des loups. Dans leurs travaux, nombre de zoologues et de naturalistes ont remarqué que les corbeaux, font souvent compagnie aux loups et parfois sur de très longues distances. Parmi les 250 cris du corbeau, les loups savent parfaitement identifier ceux qui ont un rapport avec la découverte de la nourriture. De leur côté, les corbeaux peuvent aussi reconnaître les hurlements qui s'élèvent lorsque les loups vont festoyer et, ainsi alertés, ils vont participer à ces agapes.
# Posté le dimanche 08 avril 2007 10:22

Le regime alimentaire

Le regime alimentaire
Le Menu du loup

S'il est vrai qu'en milieu sauvage le loup, est avant tout un carnivore (deux kgs de viande le maintiennent en grande forme) qui s'en prend à la plupart des gibiers à poil ou à plume (il apprécie particulièrement chevreuils et lapins)
il ne deteste pas les oiseaux, les taupes, les souris et ne fait pas fine bouche pour les grenouilles, les serpents, les brochets, les baies sauvages, les pommes de terre et de pommiers ainsi, que les plantes. C'est aussi avec grand plaisir qu'il croque près des villages et même des maisons, les renards, les chiens de moindre taille et les chats. Bon père, le loup rapporte toujours aux siens autant de nourriture qu'il en peut porter.

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Pour Mémoire :

Cette énumération des plaisirs alimentaires du loup n'est absolument pas exhaustive, et plus souvent qu'a son tour le loup ne trouve pas grand-chose à se mettre sous la dent et quoique peu appétissante il se contente de la première charogne venue. Il ne faut pas oublier non plus que le loup lui-même était un gibier pour trois sortes de prédateurs dont deux ont disparues, l'Ours et les grands Aigles. Reste l'Homme, le plus impitoyable de ses ennemis. Sans lui et sa traque, le loup, dans la libre nature, vivrait aisément de 15 à 17 ans.
# Posté le dimanche 08 avril 2007 10:27

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